vendredi 5 septembre 2014

Raboliot (Maurice Genevoix)











« Quand on est Raboliot, on ne s'embarrasse pas de raisons compliquées, telles qu'en ont les notaires, les juges de paix, les traîne-paillasses. » Le personnage mis en scène par Maurice Genevoix est bien plus qu'un simple paysan solognot. Il porte en lui la révolte contre l'ordre établi et l'argent. Plutôt que de payer l'amende qui le frappe pour délit de braconnage, il s'enfonce dans la forêt où il découvre qu'il fait bon vivre dans sa nature sauvage. Seulement, le ''braco'' est bientôt rongé par la nostalgie des siens et de la vie communautaire. C'est ce qui le perdra.
On a dit qu'avec Raboliot, publié en 1925, Genevoix inaugure le genre du roman écologique. Ce n'est pas faux ; les écrits de Giono relatifs à la ''Trilogie de Pan'' paraîtront à partir de 1928. Pour écrire Raboliot, Genevoix s'est immergé au cœur de la Sologne « dans une maison de garde isolée sur les bords d'un étang secret », confiera-t-il dans Jeux de glace où il prend certainement conscience qu'un monde, bouleversé par l'exode rural et la modernité, est en train de disparaître sous ses yeux. Dans une langue âpre et magnifique, à travers une histoire de chasses, de trahisons, de luttes sourdes et aussi d'amours contrariées, il chante le terroir. C'est aussi le temps d'une certaine France, que Genevoix saisit en s'inspirant de faits réels. Raboliot a existé et les terres de Sologne décrites dans son histoire sont très reconnaissables, certains noms de lieu ayant même été conservés. Ce roman, qui succède à la publication de ses souvenirs de guerre, vaudra à son auteur le prix Goncourt. Il s'en est vendu depuis plus de 500.000 exemplaires. Nous aimons nous compter parmi ses inconditionnels.

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